Place d'Alliance

Place d'Alliance - NANCY 54

La place d'Alliance est une place de Nancy, due à l'architecte Emmanuel Héré. Placée dans la ville-vieille, la place se situe à proximité de la célèbre place Stanislas, et appartient au même ensemble urbain de style classique voulu par Stanislas Leszczynski, inscrit au patrimoine mondial de l'UNESCO depuis 1983.

La fontaine centrale, la double rangée de tilleuls centenaires, et les sobres hôtels particuliers bordant la place apportent au lieu une atmosphère calme et austère.


Au sein du territoire municipal de Nancy, la place se situe à l'est de l'ensemble urbanistique construit dans les années 1750, mais reste proche de la Place Stanislas, distante de 150 mètres, au sein du quartier Ville-Vieille - Léopold. La place comprend les rues Girardet, Guibal et Lyautey, qui la traversent. La place est entièrement ceinturée par la chaussée routière, cette dernière servant partiellement de zone de stationnement.

Le site est desservi par la ligne 1 du tramway, via la station « Cathédrale », située à environ 250 mètres de la place.


Lors de la construction de la place, le site constituait le jardin potagerducal, aménagé sur l’ancien bastion Saint-Jacques, et ce après le démantèlement des remparts de Nancy, en 1698, sous le règne de Léopold Ier.


Par ordre de Stanislas Leszczynski, duc de Lorraine, fut décidé la création d'une nouvelle place à proximité de la place Royale. Stanislas Leszczynski avait d'abord pensé consacrer la place à Saint-Stanislas. Elle figurait avec ce nom sur les croquis dessinés entre 1751 et 1753. La place Saint-Stanislas fut construite par Emmanuel Héré. Très vite la place fut renommée « Place d'Alliance » en hommage à la signature du traité d'alliance de 1756 entre Louis XV et Marie-Thérèse d'Autriche, épouse de François Ier du Saint-Empire, empereur romain germanique mais aussi ancien duc de Lorraine, dont Stanislas tient les duchés de Lorraine et de Bar.


Lors de la Révolution, la place fut successivement rebaptisée « Place de la Renommée », puis « Place Chalier » en l'honneur de Marie Joseph Chalier, maire de Lyon pendant la Terreur.


La place d'Alliance possède des proportions plus modestes que ses deux sœurs, constituant un rectangle de 80 par 60 mètres1, soit une superficie d'un demi-hectare environ. Des tilleuls furent plantés sur le pourtour de la place en 1763, certains sont toujours visibles aujourd'hui. Six d'entre eux ont été abattus lors d'une manifestation d'agents ONF en mars 20122, puis replantés huit mois plus tard3.


Le sculpteur Paul-Louis Cyfflé édifia pour Stanislas une fontaine pour commémorer la signature du traité. La fontaine devait initialement être installée place de la Carrière4.

Le bassin, comptant plusieurs lobes, entoure la fontaine centrale et capte l'eau que déversent trois vieillards barbus représentant trois cours d'eau d'Europe occidentale : l'Escaut, la Meuse et le Rhin. Il semble que Cyfflé se soit fortement inspiré de la fontaine de style baroque des « Quatre Fleuves » de Bernini pour la Piazza Navona de Rome.

La partie basse de la fontaine, en plomb, représente des figures allégoriques déversant l'eau dans un bassin de pierre. Les groupes sculptés sont surmontés d'un obélisque de pierre, lui-même couronné d'un génie soufflant dans un clairon et tenant un médaillon.


La fontaine est ornée de devises en latin, célébrant le traité d'alliance entre la France et l'Autriche :

  • sur le médaillon sommital : « Perennæ Concordiæ Fœdus Anno 1756 » (« Éternel traité de concorde année 1756 ») ;
  • deux mains unies sortant de nuées décorées de l'écu de France et d'Autriche : « Publicam spondent salutem » (« Elles promettent le salut ») ;
  • deux mains brandissent un faisceau de flèches : « Optato vincta discordia nexu » (« La discorde est vaincue par cette alliance qui a été voulue ») ;
  • un écu unit des fleurs de lys et la croix de Lorraine : « Prisca recensque fides votum conspirat in unum » (« L'ancienne et la nouvelle fidélité forment maintenant un même vœu »).

La fontaine a été classée monument historique par un arrêté du 15 janvier 1925, puis le sol et les plantations de la place ont été inscrits par un arrêté du 25 février 19506.

En décembre 1983, la place a été, au même titre que la place Stanislas et que la place de la Carrière, classée sur la liste du patrimoine mondial de l'UNESCO7. L'inscription, rendue officielle lors de la septième session ordinaire de l'UNESCO, a été retenue pour les critères (i) : « chef-d'œuvre du génie créateur humain » et (iv) : « exemple éminent d'un type de construction ou d'ensemble architectural ou technologique ou de paysage illustrant une ou des périodes significative(s) de l'histoire humaine »8.




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